13.05.2009

Une rencontre d'été dans la Drôme

Du vendredi 14 août au jeudi 20 août 2009

" Le féminin de nos origines "

 

L'association Illumini Joly

propose un stage de 5 jours.

Thème proposé:

"Accéder à la mémoire oubliée du féminin de nos origines

pour réconcilier en soi le féminin et le masculin.

Nous allons essayer de l'approcher, de la ressentir

à travers la créativité dont chacun(e) de nous est porteur(se).

Comment ?

Celui/celle qui voudra, pourra partager un talent dans ce sens,

pour un programme que nous constituerons ensemble.

 

 

Avez-vous une activité créative à proposer de façon bénévole ?

Si oui, merci de nous le préciser au moment de votre inscription et de prévoir le matériel nécessaire.

Dates

Arrivée le vendredi 14 août à 17 heures, départ le jeudi 20 août 2009 à 11 heures

Lieu et hébergement

Nous serons accueillies au F.I.E.F. (Foyer International d’Etudes Française), bastide nichée dans les vieilles pierres du petit village médiéval de Châteauneuf de Mazenc, petite commune de La Bégude-de-Mazenc à 15 km de Montélimar (voir plan).

Chambres à 4 lits avec sanitaires à l’étage.

Pour une idée du lieu visitez le site : www.fieflabégude.com

Co-voiturage

Prévenir Irène lors de votre inscription afin qu'elle vous donne la liste des personnes susceptibles de vous fournir un co-voiturage.

Tarif :

Environ 45,00 € par jour comprenant la nuit et la pension complète avec nourriture végétarienne soit 270 € pour les 6 jours.

Libre participation à l'association

ILLUMINI JOLY qui organise ce stage

Matériel à prévoir

Apporter vos draps, taie de traversin, serviettes de toilette.

Prévoir un tapis en mousse et des coussins pour s'asseoir par terre.

Chaussures légères et de marche, carnet de chants.

Apportez le matériel de couleurs que vous avez (crayons, craies, feutres

Inscription et renseignements

ATTENTION : le nombre des places est limité.

Date limite d’inscription le 30 juin 2009.

Irène Schlumberger

18 rue Bolzen,

67120 KOLBSHEIM tél. 03 88 96 01 76

Mail : irene.schlumberger@free.fr

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Pour votre réservation

Formulaire d'inscription à envoyer à :

Irène Schlumberger

18 rue Bolzen,

67120 KOLBSHEIM tél. 03 88 96 01 76

Mail : irene.schlumberger@free.fr

Nom……………………………………………

Prénom ………………………………….

Adresse …………………………………………

Tél : ……………………..

Courriel …………………………………………………………….

Code postal…………………

Ville ……………………………………..

Avez-vous besoin d’être cherché à la gare de Montélimar ?..................

Je joins un chèque de 50 €  d’arrhes à l’ordre d’Illumini Joly.

Si désistement les arrhes seront retenues, sauf en cas de force majeure.




 

 

 

11.01.2009

Rencontre Créatifs culturels en juin 2008

RETOUR SUR C’ MAI

 

            Les 31 mai et 1er juin 2008, nous sommes allés dans les Cévennes pour participer à cette rencontre sur les Créatifs Culturels. Une très belle expérience dont je vous fais ici témoignage.

 

I – C’mai, un creuset alchimique

 

En allant vers cette rencontre, l’intérêt conscient que j’y voyais, était de m’associer à d’autres réseaux "d’amis créatifs", de faire quelques rencontres (ce qui me paraissait évident).

Deux jours ont passé. Ensemble. Comme une tornade de feu, d’air, d’eau, de terre aussi.

Quel vécu !

En voyant cette population d’horizons si différents, de générations différentes, je me demandais comment nous allions pouvoir retirer quelque chose de ce chaos mis en place par les organisateurs de C’mai.

L’endroit était magnifique. On aurait pu regretter de ne pas l’avoir rencontré, de ne pas s’y être baigné,  mais il faut bien dire que le temps à la pluie et la boue du terrain, l’intensité des débats et le peu de temps qui nous restait pour s’isoler, ne l’ont pas permis. Ca donne envie d’y retourner.

Nous étions bien une masse chaotique, une sorte de mélange qu’on associe à l’eau, sous la pluie diluvienne et dans la glaise visqueuse afin de les associer pour en extraire l’essence. Je me demandais bien comment allaient s’y prendre ces jeunes alchimistes pour que de ce mélange, un peu d’or affleure avant que l’on ne parte.

A chaque instant, le mystère reprenait le dessus. Le temps passait, ça coinçait sur des détails… Devait-on se réjouir ou bien se dire que les espoirs seraient déçus. Nul ne pouvait d’avance savoir ce qui allait devenir de ce savant mélange.

 

Dans un premier temps, je remarquais que l’énergie insufflée par les animateurs avait peut-être été la cause de la douceur de cette première journée. Une infinie douceur, partagée entre hommes et femmes, et avec les enfants, où je ressentais dans la qualité et la profondeur des échanges de regards et de parole, ce sentiment fraternel que je connais depuis si longtemps avec les Hommes et les Femmes de Bonne Volonté.

Mais peut-être que la générosité des animateurs n’est pas la seule responsable de ce qui s’est passé… Ca Oeuvrait ensemble, c’est certain. 

II – Cœurs d’enfants

 

Et puis, cette journée où l’on pouvait parler ses rêves de créatifs culturels et les faire porter avec soi par les autres, c’était une grande bénédiction. Je savais bien que le principe de réalité me demandait une réserve, pour rester moi-même au cœur de cette aspiration collective, peut-être un peu démesurée par rapport aux circonstances, mais tellement représentative de la force que nous possédons et que nous représentons tous ensemble lorsque nous aurons appris à la mettre en commun véritablement.

Je me rendais compte que cette rencontre était déjà un apprentissage de cette mise en commun avant que j’en aie formulé l’idée clairement. Je me disais que ce que nous avions en commun avant tout, c’était un cœur d’enfant, sans aucun jugement de valeur.

Au sens propre du terme. Le cœur d’enfant est celui qui lit dans le présent, qui joue, qui s’émerveille et qui crée parce qu’il n’est pas sous la contrainte.

       

Après coup, je me suis dit que je n’avais pas eu la disponibilité de réfléchir au thème de la rencontre et que je n’avais pas reçu les fiches sur le forum, mais que j’y avais plongé sans retenue, jouant le jeu, tout en gardant la distance. Actrice et spectatrice.

J’ai aimé cela. J’ai fait confiance. Tout le long. Et je n’étais pas la seule. Et ce n’est pas étonnant qu’au cours de ce week-end, nous ayons été accompagnés par la fougue juvénile et audacieuse des "Guerriers de l’Arc en Ciel".

 

III – Retour sur printemps…

 

Par moments, je revoyais dans ce vécu, les  temps de réflexion de la révolution furtive de mai 1968. Le second jour, Marcel nous avait bien prévenus que le plus dur restait à faire. Et bien entendu, d’aller si fort dans la tâche, a un peu "plombé" l’énergie…Plombé…, c’est exactement le terme alchimique qui convenait dans cette situation. Nous oeuvrions sur le plomb et tout restait à faire. Je me disais qu’il en fallait faire de grands mouvements, pour que de petites choses puissent changer sur le plan de la communauté entière. Je pensais à l’inertie de masse, je pensais au courage des meneurs… Je pensais que, si j’étais là  aujourd’hui, à faire ce que je faisais, laissant à la maison un mari s’occuper de ma tâche pour suivre la voix qui est en moi, c’était grâce à cette révolution éphémère et bruyante. Et je la remercie et je le remercie lui aussi.

Je me souviens qu’à l’époque, une femme qui conduisait en voiture ce n’était pas nécessaire et c’était même plutôt mal vu par la communauté. Je ne serais pas venue à C’mai en mai 1968.

Sans vouloir offenser personne, ni détourner le sens de cette expérience dont l’impulsion initiale me semble de manière évidente, portée par des forces spirituelles, je retrouvais néanmoins les mêmes débats, les mêmes idées, les mêmes tenues vestimentaires, les mêmes espérances, mais… une maturité en plus, une gravité en plus, et aussi davantage de discernement par rapport à la réalité. De  belles âmes portées par de beaux idéaux et plus encore... Nous étions tout un monde avec toutes ses facettes, il y a eu un début et une fin. J’ose imaginer que cette fin n’est qu’une transition vers un autre monde.

Je ne pouvais assister à la fin, trop de route à faire seule au volant et fatiguée. Mais finalement, j’avais un espace pour commencer à digérer les évènements de cette tornade. Depuis fort longtemps, je venais de passer deux jours entiers en compagnie, jour et nuit, sans un moment avec moi-même. Tout était allé si vite. Pas de recul.

C’est dangereux…

J’avais entendu parler de manipulations, de manque de concret, de "pas incarné". Je ne sais pas… Je n’ai jamais regardé cet aspect là dans les expériences de ma vie, ce n’était pas ma priorité. Tout ce qui m’avait motivé c’était ce qui sortirait de l’expérience. Et ce qu’on allait en faire… Je n’aurais pu envisager de repartir chez moi, avoir fait tout ce chemin, vécu tous ces dangers (accident de la route évités, la grêle à Alès, échappé au camping sous la pluie…) et repartir sans objectif à se mettre sous la dent. Et je savais bien que ce ne n’aurait pas été juste d’être dans l’attente par rapport à cette rencontre.

 

IV – Porter les rêves ensemble

 

J’ai admiré la sagesse et la force de Marcel. Ce qu’il a fait, il l’a bien fait. C’était comme ça devait être, aurait-il dit. Ca ne dépendait pas de lui seulement, mais de tous.

Je me disais que chacun d’entre nous, en venant, devait être chargé d’espérances permises ou secrètes. Je me disais que certaines de ces espérances avaient peut-être été déçues. Et pourtant, il me semble qu’elles ont toutes été portées.

Quand  Marcel a suggéré que ceux qui le souhaitaient proposent leur projet rêvé en discussion, je me disais que je ne voulais pas rajouter aux autres ceux que j’avais en moi, on était trop nombreux. Je ne voyais pas comment on pouvait aborder en groupe un de mes projets en moins de deux jours. Et puis je me suis dit que la synergie du groupe me permettrait de le retrouver dans ceux des autres. Et c’est ce qui s’est passé. Je leur ai fait confiance un instant et à moi aussi.

C’est cela que j’ai aimé dans l’expérience. Voir toutes ces petites choses qui ont permis que mon intériorité soit en relation avec l’ensemble et avec ce qui se passait.

 

Un sujet m’interpella immédiatement, il était concret. Son initiateur l’avait intitulé "Relocaliser l’économie". Son projet reposait sur le principe de l’idée géniale des Amap (Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne), originaire des Teïkeï du Japon, à partir duquel on pouvait concevoir l’idée de relocaliser l’économie toute entière à condition qu’elle soit éthique, bien évidemment. Il s’agit d’un projet qui cherche à prendre en compte la réalité environnementale, humaine et sociale.

Lors du débat, les idées fusaient de partout, de la terre au ciel… Magnifique ! Quelle ambition nous partagions tous pour notre planète et pour nos frères.

Un groupe sur les Amap avait été dynamisé par deux de mes amis, je trouvais que ces deux sujets méritaient de se rencontrer et cela s’est fait tout naturellement. La structure permettait cela. J’ai décidé de porter ces deux rêves avec eux.

J’ai aimé vivre cela aussi.

 

V – L’esprit de la ruche

 

Ce jour là, j’ai vraiment vécu la vie d’abeille, j’ai vu la ruche. Je ne voyais pas la Reine des abeilles, mais à voir l’ensemble, je savais qu’elle était derrière. Bien protégée. J’ai vu le travail des papillons qui venaient enrichir, de leur pollen, nos échanges, à mesure que le temps passait et que leur nombre croissait. Il a fallu une rallonge de temps pour traiter toutes ces informations récoltées. Oui c’était une récolte.

Après cela on faisait un rapport écrit sur le contenu du débat et ses orientations futures éventuelles.

 

L’allégorie des abeilles nous avait été donnée dès le départ, avec les autres. Il y avait les oies en migration, qui se soutiennent les unes les autres. Puis les abeilles et les papillons, ceux qui travaillent et ceux qui butinent et enrichissent de pollen chaque fleur qui est visitée. Nous pouvions tous nous y retrouver, tout nous était donné pour éviter le stress, gérer, se responsabiliser. Equilibre difficile entre rigueur et tolérance.

 

      VI – La loi des priorités

 

Je savais bien que, des grandes idées évoquées tout au long par le groupe, à travers les sujets évoqués d’abord, puis à travers la discussion autour du choix des titres de priorités, nous reviendrions à des choses plus humbles, à notre portée. Des choses humaines en accord avec nos valeurs.

Dans l’établissement de nos priorités collectives nous étions allés très loin, réfléchissant d’abord à ce qui serait idéal, à ce vers quoi nous devions tendre.

Première étape de croissance spirituelle : s’accorder aux lois d’harmonie universelles. Il fallait s’accorder sur les mêmes lois… ensemble. Faire cela avec un groupe si important… quel exploit et en même temps, c’était un travail de reconnaissance identitaire collective spontané et stupéfiant…

J’ai aimé vivre cela.

Nous avons commencé par définir les principes éthiques…Quelqu’un a dit à propos des 3 priorités "c’est la tête, le cœur et le corps en dernier". Je me disais : "j’ai travaillé au corps…".

Mais en cherchant à associer les thèmes à classer, j’avais déjà défini trois priorités, les miennes.

Je mettais en premier, tout ce qui concernait la vie intérieure et la transformation de soi, résumé en chemin intérieur. En second, j’avais rassemblé tout ce qui concernait l’action possible extérieure, ou objectif, fruit du chemin intérieur. En trois, des outils pour y parvenir, représentés par les thèmes isolés qui restaient et par d’autres propositions déjà présentes dans les deux autres priorités.

De voir ensuite, comment le groupe confrontait ma vision des choses, m’a d’abord interpellée. Lorsque j’ai vu que  notre thème de groupe venait dans la dernière priorité, d’un coup, cela m’a paru aussi juste que nécessaire. J’avais bien anticipé en me disant que l’action ne pouvait découler que du chemin intérieur. Et j’ai éprouvé une paix infinie dans mon cœur et une reconnaissance pour le groupe que je ne pouvais lui exprimer parce que c’était déplacé. Je le fais ici.

Cela aussi j’ai aimé le vivre.

 

VII – Retour sur soi

 

Cela fait déjà plusieurs mois que je me disais que ça y était, j’avais créé ma vie personnelle. Et maintenant je pouvais aussi participer à créer le monde dans lequel je vivais.

Cela me ramenait encore aux trois priorités pour le groupe. Me renvoyait aux priorités du chemin individuel : se créer soi, puis créer sa vie et ensuite créer le monde dans lequel on met sa vie.

Me créer, cela s’est fait par moi-même et cela dure encore. Créer ma vie, je n’ai pu le faire qu’avec l’autre et ça continue aussi, mais on sait faire. Créer le monde dans lequel je veux vivre, je ne pouvais le faire qu’avec les autres.

Et si cette priorité arrive en troisième, c’est parce qu’elle est le fruit des deux premières et ne peut ETRE avant.

Et aucune n’est prioritaire par rapport à l’autre.

Elles sont toutes trois indispensables ;

Je me disais que d’une manière tout à fait naturelle et inconsciente, le groupe avait "été conduit" à exprimer cela dans le résultat de ce qui s’est produit. Et qu’il n’y avait rien à regretter, à rejeter. Que cela représentait peut-être une loi intérieure que nous avions respectée naturellement tous ensemble.

 

Je me suis demandé pourquoi j’avais choisi ce thème/groupe qui participait à la troisième priorité. Et je repensais à mon compagnon qui me disait autrefois :"Tu es une mystique et ton chemin est de descendre dans ce monde, d’y ancrer ta foi. Moi c’est l’inverse, j’ai construit un moi fort. J’ai l’expérience de ce monde et à travers toi j’apprends à renoncer au vieil homme tandis que tu apprends à aimer la vie sur terre, à t’y engager. ". Il s’est élevé et je suis descendue. Et nous nous rejoignons aujourd’hui. Vingt ans après. Il faut tout ce temps quand on vient de loin. Les plus jeunes comptent sur nous et ils iront loin, plus loin encore. 

Aujourd’hui je n’ai plus d’âge. C’est comme cela que l’on parle de son temps humain. Et j’ai le sentiment d’avoir vécu une centaine de vies. Tout ce passé est devenu un simple outil pour œuvrer là où je suis. J’ai besoin de tout ce que j’ai appris et j’ose espérer que je partirais un jour sans rien laisser derrière qui n’ait servi au moins une fois.

C’mai a encore été l’occasion d’utiliser de vieilles ressources acquises à la force du poignet, parfois au prix du sang. Dieu merci, quel bonheur de s’associer à de si belles et si porteuses initiatives.

 

VIII – Appel

 

J’aimerais que C’mai puisse continuer pour les autres, pour moi c’est en route.

C’mai a mis en route pour nous, une réflexion sur le support des Amap et nous travaillons à rassembler ce qui peut permettre de faire évoluer l’économie de manière éthique, différemment de la façon dont elle  s’effectue aujourd’hui. Je pense à nos amies qui cherchent à construire une maison écologique et le parcours du combattant qu’elles subissent pour trouver des professionnels et du matériel sur place. Nous aimerions susciter des rapprochements, des solutions dans ce sens. Si l’un d’entre vous se sent concerné pour participer à cette recherche, les personnes compétentes et disponibles sont les bienvenues. La tâche est énorme et nous dépasse quelque peu, pour l’instant, cela reste une aventure avec son côté passionnant et son côté incertain. Seul le temps répondra à nos questions.

 

IX – Reconnaissance

 

Pour conclure et parce qu’il faut bien s’arrêter, j’ai beaucoup de reconnaissance pour les organisateurs bénévoles de cette rencontre, pour la façon dont ils l’ont fait, pour toutes les petites mains humbles et discrètes sans qui rien n’aurait pu exister, en un mot l’équipe de C’mai.

J’ai beaucoup de reconnaissance pour tous les participants et mes amis avec qui j’ai partagé ce moment intense. J’ai beaucoup reçu.

 

C’était un magnifique printemps !

 

                                   Michèle

 

 

 

 

Extrait Mésanges n° 12 de novembre 2008

L’extrait est présenté différemment de l’original pour des questions techniques, mais le contenu des textes est identique et intégral. Il vous manquera les illustrations exceptionnelles et originales des auteurs et lecteurs! Dommage pour vous !

Ho’oponopono et le carreleur

Je fais construire, près d’Aix-en-Provence, une maison que je souhaite aussi « écologique » que possible. Vaste et paradoxal programme. J’utilise des matériaux aussi « naturels » que possible. Donc, des carreaux de terre cuite pour mes sols, de terre cuite émaillée pour les salles d’eau.

J’ai eu un immense plaisir à découvrir, à Salernes, les établissements B. Salernes : lieu de terre rouge – lieu d’argile. C’était un beau jour de Juin : tout était encore vert, et le contraste des vignes en feuilles tendres et du rouge des sols était un régal. J’étais recommandée à Monsieur B. par ma cousine, dont le nom, brandi fièrement par moi, a été un sésame : on m’a bien reçue, et j’ai choisi tous mes carreaux, sols et murs, par un beau jour de Juin, en me fiant pour les carreaux émaillés aux salles d’eau de démonstration, que je trouvais très belles. La lumière ruisselait dessus comme de l’eau, ça me procurait un étrange bonheur. J’étais séduite aussi par la personnalité, brusque mais chaleureuse, de Monsieur B. Il m’a raconté avoir toujours eu la passion de l’argile, et être né… dans une grotte d’argile. Or quand j’étais enfant, ma tante, qui était sculpteur, m’emmenait avec mes cousins chercher de l’argile dans un bois de pins. J’ai gardé un vif souvenir de la paroi friable, d’un beau rouge, des seaux lourds qu’on rapportait, de la glaise humectée peu à peu, glissante, gluante, des bustes que ma tante travaillait puis enveloppait de linges imbibés d’eau, le soir, et qui semblaient alors des êtres fantomatiques. J’aimais aussi dans mes paumes, sous mes doigts, le malaxage de la pâte que nous les enfants aplatissions en soucoupes ou roulions en saucisses. Je la sens encore, l’eau étrangement fraîche qui en suinte, la substance charnelle, malléable mais avec sa vie propre et sa façon de résister. Poisseuse, douce, indépendante : fragile seulement quand elle sera sèche, mais solide alors : définitive.
Monsieur B. m’avait prise en mains : « qui est votre carreleur ? Combien vous prend-il ? Ces gens d’Aix, tous des voleurs. » Il m’a emmenée sur un de ses chantiers, m’a présentée à son carreleur qui, à quatre pattes, concentré, posait des carreaux à toute allure, avec des gestes précis, sur une terrasse. « Fred (j’invente le nom), tu veux bien carreler pour Madame W. ? Pour combien ? Donne-lui ton numéro de téléphone ». Fred s’est levé, m’a écrit son numéro de téléphone sur un morceau de carton. Je n’ai pas eu le temps de réfléchir si c’était vraiment meilleur marché, j’avais vu Fred à l’œuvre, je décidai sur le coup, sous l’enchantement de l’autorité paternelle de Monsieur B., de ne pas engager les deux autres carreleurs à qui j’avais demandé des devis. « Ce gars », a dit Monsieur B., « il est fantastique, c’est une bête de travail ». J’ai été un peu choquée par la formule, n’y ai pas trop réfléchi.

J’étais sur un petit nuage : j’avais trouvé de magnifiques carreaux, près de la terre même d’où ils avaient été extraits. J’avais du même coup trouvé un carreleur, issu Je me suis entendue par téléphone avec Monsieur V., il m’a fait un devis, pas si bon marché que ça, en fait pas vraiment meilleur marché que les autres carreleurs. Ca ne faisait rien : je tenais la perle, la « bête de travail ». Tel ces nains qui, de Blanche-Neige au Seigneur des Anneaux, ont le secret des constructions robustes et des filons souterrains, cet homme râblé, tout ramassé sur lui-même, ferait de mes sols une merveille.

Ca a commencé d’une façon qui aurait dû m’avertir que je retombais dans l’humain. Quand le carreleur est venu, il a remarqué que la dalle coulée sur les tuyaux du chauffage était parsemée de petites excroissances. Petites, certes, on ne les remarquait qu’en se penchant vers le sol. Mais si on y posait les carreaux, ils seraient un peu de guingois, il y aurait plein d’inégalités. Il fallait poncer la dalle avant de pouvoir carreler. J’ai téléphoné au constructeur, Monsieur J., qui avait fait couler la dalle. « Ce n’est rien » a-t-il répondu, « c’est toujours comme ça, vous n’avez qu’à dire au carreleur de gratter avec un couteau. » Je lui ai passé le carreleur qui a protesté, puis s’est laissé vaincre. J’ai repris le portable, je me suis fâchée, j’ai insisté, dit qu’il y avait au moins vingt excroissances par pièce, que c’était ridicule de penser qu’on pouvait gratter ça au couteau, que j’avais payé cette dalle assez cher pour m’attendre à un résultat sans faute. Oh le beau, l’irrésistible argument ! Monsieur J. a cédé. Le carreleur était content, et moi, contente de moi. J’avais osé me battre et défendre celui qu’on intimidait. J’avais gagné. Dans ce bout de champ où nous nous tenions parmi les chaumes, en ce mois de Novembre clair et froid, j’ai eu l’impression que j’avais défendu le « petit » contre le « grand » (Monsieur J. est immense). Et même, que j’avais défendu le « fils » contre le « père ». Ce qui me mettait en position de mère. Ceci n’était pas vraiment conscient mais quelque part ça me convenait.
Je ne savais pas dans quoi j’entrais…

Il a fallu du temps pour que le ponçage soit fait, et du temps pour que le carreleur revienne. Il s’est pointé finalement début Janvier, m’a fait remarquer que pas une pièce n’était au carré… J’étais ennuyée, lui ai demandé s’il y avait un remède. Et là, ô merveille, il a dit qu’il avait une solution, et il s’est mis à carreler les chambres en forme de tapis, les carreaux à la diagonale encadrés le long des murs par une rangée de carreaux droits. Il a fait des décorations de petits carreaux sur les seuils. Monsieur J., venu voir le travail, a été impressionné, a pris les coordonnées du carreleur, lui a proposé de travailler pour lui…

Et puis les choses se sont gâtées. Monsieur V. prenait parfois comme un malin plaisir à me faire remarquer des défauts de la maison (comme les pièces pas au carré, ou tel morceau de métal qu’on n’aurait pas dû voir sur une poutre.)

Il avait des « accidents », comme de faire un trou dans le plâtre de l’escalier, ou d’arracher une main courante dans ce même escalier, et de m’expliquer qu’elle avait été mal posée, au lieu de s’excuser et de tenter de réparer les dégâts. Parfois j’avais comme l’impression d’une volonté hostile, d’une attaque, et qu’il cherchait à me mettre le « mauvais œil » : il m’a prédit par exemple que le crépi de façade, qu’on venait de poser, allait se lézarder. Comme il avait un goût artistique très sûr, et qu’il m’était arrivé de penser que cet homme avait des doigts de fée (en même temps qu’inconsciemment je me reposais sur sa robustesse de nain…), ces critiques ou ces accrocs m’inquiétaient : les atteintes à ma maison étaient comme des atteintes à mon corps.

Ceci est venu peu à peu, comme la prolongation secrète d’une vendetta contre Monsieur J. (qui avait mal fait son travail). Et c’est venu en riposte à mes plaintes, et presque comme une vengeance transposée : Monsieur V. était souvent absent, de plus en plus, sans explication et de façon toujours imprévisible, ce qui fait qu’entre une chose et l’autre, au lieu de durer les 3 ou 4 semaines annoncées, le carrelage des sols et des salles d’eau a duré près de 5 mois. Monsieur V., quand je lui téléphonais, disait qu’il avait eu « un petit problème », non, il n’était pas sur un autre chantier, il allait venir sans faute le lendemain.

Un jour où il avait reparu, et s’était vaguement excusé en disant à nouveau qu’il avait eu « un petit problème », il s’est soudain lancé. « Allez, je vais vous le dire : ma copine m’a quitté. Ca fait la deuxième fois qu’une copine me quitte. Je ne sais pas ce que j’ai fait. Le matin elle me faisait des petits bisous, et l’après-midi elle était partie ».
Je ne savais quoi faire de cette confidence, mais il m’est venu à l’idée que je voyais, moi, pourquoi la copine était partie… Et aussi, qu’il était un peu dépressif. Je l’imaginais, se terrant chez lui… Je sentais de la sympathie, moi aussi j’avais mes moments où je me terrais, où il me semblait que j’aimerais mieux mourir que de répondre au téléphone…

Mais les promesses non tenues («Lundi oui, pas de problème ») ont continué. Monsieur V. ne venait pas, ou il venait deux jours plus tard, restait quelques jours et disparaissait à nouveau, au téléphone je ne trouvais que le répondeur et il n’y avait pas de rappels en réponse à mes messages. Ou il disait qu’il allait venir travailler le week-end, le matin personne, parfois il venait l’après-midi et ne pouvait achever le travail promis. Comme je faisais à chaque fois le voyage de Paris à Aix, où est la maison, plusieurs fois j’ai bloqué mon temps et dépensé de l’argent pour rien.

Un samedi où, après plusieurs promesses non tenues, il se pointait à trois heures de l’après-midi, j’ai explosé. Lui m’a fait une scène comme un petit garçon agressif grondé par sa mère, et de fil en aiguille nous nous sommes disputés comme des chiffonniers. Il avait de drôles d’argument, du genre « Moi vous m’engueulez, mais Monsieur J., lui, vous ne lui dites jamais rien », comme si ça avait un rapport, comme s’il était jaloux de Monsieur J., comme si j’étais coupable d’une injustice. Il n’entendait rien de ce que je lui disais, ne reconnaissait rien. Il est parti en disant que c’était fini, qu’il ne travaillerait plus pour moi. En même temps il rajoutait que ce qui l’embêtait c’est qu’un autre carreleur ferait mal mes salles de bain…
J’ai passé un week-end de nuits angoissées, j’étais en colère, je détestais l’idée d’être au pouvoir de cet homme, dépendante de sa force et de son habileté. Je sentais une impuissance féminine : un seul carreau est lourd pour moi... J’ai demandé de l’aide, et décidé de lâcher prise, de le laisser partir, même si ça allait me compliquer sérieusement la vie : je n’aimais pas l’idée que mes sols ou mes murs garderaient en quelque sorte l’empreinte de mauvais rapports entre cet homme et moi. Aussi, il faudrait du temps pour trouver un autre carreleur, un artisan n’aime pas reprendre le chantier d’un autre, etc. Mais j’ai accepté de perdre M. V., je savais que c’était important.

Je me suis souvenue de faire « Ho’oponopono ».
Les lecteurs de Mésanges connaissent. C’est le mot d’un thérapeute de Hawaii qui guérissait ses patients grâce à cette pratique qui signifie « rendre droit, rectifier ». Il travaillait sur lui-même au lieu de travailler sur les patients. « Je ne faisais que guérir la partie de moi qui les avait créés… Si vous acceptez d’assumer la responsabilité globale de votre vie, alors tout ce que vous voyez, entendez, touchez ou expérimentez de quelque façon que ce soit est de votre responsabilité, parce que vous l’expérimentez dans votre vie. […] [Les choses] que vous n’aimez pas, c’est à vous qu’il revient de les guérir, car [elles] n’existent… que comme des projections venant de l’intérieur de vous. » « Pour changer cette réalité, vous devez vous changer vous-même ». Pour se guérir lui-même, ce docteur répète à cette part en souffrance « Je te demande pardon » et « Je t’aime ».

Et une chose étrange m’est arrivée. J’ai « vu » un être, un peu gnome des cavernes ou nain au fond d’une mine, tout replié sur lui-même, qui retournait la tête vers moi et disait : « mais tu ne vois pas que je travaille ? »
A ce moment, par-delà mon désir despotique en quelque sorte que les choses avancent, que mes sols soient beaux, j’ai « vu » le travail que cet homme faisait, soulevant carreau après carreau. On était dans la terre (où j’avais voulu être). En moi aussi il y avait ce gnome, cet être obscur, moche, patient et travailleur, peut-être méprisé, à qui je demandais trop. Je n’étais pas bonne avec moi-même.
Ce n’était pas difficile de demander pardon à cet être. Ni de lui envoyer de l’amour.
Mais ce n’était pas facile d’étendre cette demande de pardon et cet amour au carreleur réel.

Ca a continué de travailler en moi, et j’ai répété Ho’oponopono. J’ai vu des choses.
La pièce de Shakespeare, The Tempest, m’est venue à l’esprit. Règne sur une île, inconnue des cartes, un magicien plein de sagesse, Prospero. Il a acquis un pouvoir sur les éléments, les ordonne à son gré. Ce pouvoir appartenait auparavant à une sorcière, qu’il a vaincue et tuée, et dont il s’est asservi le fils, être difforme nommé Caliban. Caliban hait Prospero. Shakespeare lui donne un côté bestial et rusé, mais aussi justifie sa plainte et son existence en tant que partie intégrante de la réalité que constitue cette île. S’il y a un Prospero, il y a nécessairement aussi un Caliban.

Caliban : le nom vient, disent les commentateurs, de Caraïbes et de cannibale. C’était l’époque de la mainmise par les colonisateurs européens sur les îles des Caraïbes, de l’asservissement des Indiens, à qui l’on déniait la possession d’une âme (ainsi que celle de leur pays). La légende courait que c’étaient des cannibales (légende que quelques hommes de bon sens et de bonne volonté, tels Montaigne, refusaient de croire). Mais s’imaginer que c’étaient des cannibales, donc des êtres monstrueux, justifiait qu’on en fît des esclaves et qu’on les spoliât de leurs droits.

Est-ce que, en cherchant à créer dans ma maison une beauté quasi magique grâce à des carreaux, en vivant ce moment merveilleux avec Monsieur B. à Salernes, cette journée où tout semblait couler de source, en recevant en moi la phrase « c’est une bête de travail » à propos du monsieur qu’on me proposait comme carreleur, je ne m’étais pas donné le rôle de Prospero, attribuant du même coup à Monsieur V. celui de Caliban ? En termes de classe, ce serait l’exploitation de l’ouvrier par la bourgeoise. Ce serait une déformation grossière : je n’exploitais pas, je n’imposais rien (il travaillait au rythme qui lui convenait, je payais bien). Mais en terme de positionnement humain : oui, il y avait là quelque chose. Faire, ne serait-ce qu’inconsciemment, de l’autre sa bête pendant qu’on se donne le rôle du créateur, alors qu’en fait c’est la « bête » qui crée : c’était lui l’artiste.

Il m’est venu autre chose, par rapport à la plainte de Monsieur V. Lui, je le grondais, avait-il dit, et je ne grondais pas Monsieur J. Sous-entendu, m’avait-il semblé : Monsieur V. était physiquement petit, c’était un artisan sans argent devant lui. Monsieur J. était de grande taille, riche, il avait réussi, il avait une entreprise qui construisait douze maisons à l’année. J’osais me plaindre du petit, mais j’étais trop intimidée par le grand pour lui faire face.
Il était vrai que Monsieur J. se plaignait des retards dus au carreleur, que je relayais ces plaintes. Et que Monsieur J. ou ses ouvriers faisaient des erreurs ou avaient des retards eux aussi.

J’ai revu la scène où j’avais pris fait et cause pour le carreleur face au constructeur en ce froid matin de Novembre, parmi le chaume. Et où je m’étais sentie comme la mère qui défend le fils contre le père. Je me suis dit d’abord que Monsieur V. projetait de la mère (bonne ou mauvaise) sur moi, et qu’il m’en voulait de m’écraser en quelque sorte devant le pouvoir du père alors que je le traitais, lui, comme un vilain garçon. Je me suis dit d’abord que c’était son problème. Et qu’il en avait plein, des problèmes que je n’avais pas créés et dont je n’étais pas responsable, depuis les copines qui le quittent jusqu’à la banqueroute qu’il m’avait dit avoir faite de par la faute d’un homme riche et puissant, un hôtelier qui ne l’avait pas payé et s’était plaint de son travail pour avoir un prétexte à ne pas le payer.
Et puis je me suis souvenue de Ho’oponopono. C’était à moi de guérir cette part de moi qui avait suscité tout cela – y compris mes propres projections.
Des « Oedipes » qui sont toujours là. Et envers qui j’ai toujours besoin de miséricorde…

Ma colère est tombée. Monsieur V. et moi avons eu une confrontation. Le lundi matin il est venu, m’a téléphoné, « alors, je commence à carreler les salles de bain ? », comme si nous n’avions pas eu cette engueulade le samedi, comme s’il ne m’avait pas déclaré qu’il s’en allait. Je lui ai dit qu’on avait d’abord besoin de parler, et l’ai invité à prendre un café. J’avais beaucoup réfléchi à ce que j’allais lui dire. J’avais besoin de m’exprimer, lui dire ce par quoi il m’avait fait passer (choses cassées, retards, promesses non tenues), mais de telle façon qu’il puisse m’entendre. Il en a reconnu certaines, et non pas d’autres, c’était bien. J’ai rendu hommage à son travail, l’en ai remercié, lui ai dit que je l’appréciais. J’avais besoin surtout de le traiter comme un homme, de me mettre en face de lui : mais pas en tant que femme, même si le souci de la relation était « féminin ». Et surtout pas en tant que mère. J’avais besoin en tant que femme qui projetait plein de choses sur lui, je m’en rendais compte, de me protéger, d’établir mes limites en lui rappelant (car il avait été insinuant en quelque sorte, s’était mêlé de choses qui n’étaient pas de son ressort) que lui était un professionnel et que moi, j’étais sa cliente et que nos rapports s’arrêtaient là. Professionnel et cliente, client en quelque sorte, un homme face à un autre.
Je lui ai dit aussi que si j’avais un contentieux avec Monsieur J., je le réglais en tête à tête avec lui, pas devant témoin. Comme je le faisais avec lui, le carreleur, en ce jour. Ce qui était vrai. C’était ma façon de me débarrasser de cette histoire de fils et de père. De rétablir une égalité de rapports humains par la parole.
L’image qui m’est venue, c’est que la « dame » en moi avait été lésée. J’étais aussi le« chevalier » qui prenait ses armes pour la défendre.

La relation a été assainie. Monsieur V. a continué à travailler pour moi, il y a eu encore plein de rebondissements, de mauvaises surprises : j’ai dû le recadrer plusieurs fois. Ce serait trop long à raconter, mais je me suis bénie d’avoir assaini les rapports, car si je m’étais séparée de lui qui habitait à Salernes j’aurais eu beaucoup de mal à me sortir des complications qui ont suivi (les carreaux qu’on m’avait livrés pour les salles d’eau n’étaient pas ceux que j’avais commandés, il a fallu tout rapporter, ce que Monsieur V. a fait pour moi, tout commander à nouveau, et Monsieur V. a pris livraison des nouveaux carreaux). Et il m’a fait du bon travail et même, pour une des salles d’eau, quelque chose de très beau. Dans l’ensemble nous nous comprenions, les rapports étaient bons. Enfin il est parti me promettant (des promesses, une fois de plus…) que tout était bien fini et qu’il avait bien nettoyé le chantier. Je lui ai payé ses dernières traites, j’avais toujours pour ça été très ponctuelle, je me souvenais du propriétaire d’hôtel qui lui avait fait faire banqueroute, et qu’il avait dû repartir à zéro. J’avais à cœur d’être honorable avec lui.

En examinant la maison, j’ai vu qu’en fait il restait des sacs ouverts de colle, ou de sable, un seau demi plein de ciment avec dedans une truelle quasi neuve. Ils n’étaient à personne d’autre, donc c’était le carreleur qui les avait laissés. J’ai pesté contre lui, les ai fait ranger par le constructeur. Et je me dis qu’une fois de plus j’ai été naïve, au lieu de tout payer j’aurais dû garder une petite réserve, je me suis enlevé mon seul moyen de pression (l’argent).

Plusieurs semaines plus tard, Monsieur V. téléphone : peut-il venir chercher le tuyau d’arrosage qu’il a laissé dans ma remise ? Je lui signale les déchets, il dit qu’il n’a pas pu tout emporter, sa voiture était pleine, il débarrassera en venant chercher le tuyau. Je laisse une clé à son intention. Quinze jours plus tard il n’est toujours pas venu. Quand je fais la réception de la maison, et inspecte tout avec le constructeur, je découvre que dans un recoin de la remise, bien cachés derrière des planches, il y a des tas de gravats, de polystyrène, de poussière. Déchets du carreleur… Ca me rend furieuse. J’ai l’impression qu’on m’a « cochonné » ma maison neuve (je rêve d’un cochon dans un jardin où vont les enfants…). C’est comme si un chien était venu cacher son caca dans un coin de moi, je ressens ça comme une souillure physique. Je fais débarrasser à nouveau par quelqu’un d’autre, je finis le travail et attrape une irritation oculaire à force de balayer et de ramasser de la poussière…
Je rêve que ma maison neuve est déjà encombrée d’objets poussiéreux, que je n’ai pas pu endiguer leur arrivée.

Je me dis qu’il ne faut pas en rester là, ce n’est pas bon pour moi. Je prends mon courage à deux mains, je finis par téléphoner à Monsieur V., je lui exprime ma déception et ma colère. Je lui dis qu’en compensation de tout le nettoyage qu’il n’a pas fait et du tracas que ça m’a donné, je vais garder son tuyau d’arrosage. Il se met à son tour en colère, me dit qu’il viendra le reprendre, je lui dis que la remise est fermée, je suis partie, il dit qu’il viendra quand même et cassera la serrure. Je lui dis que je le dénoncerai à la police, il dit que je ne pourrai rien prouver. Je finis par lui dire que je lui rendrai son tuyau, mais quand je serai sur place, et sur rendez-vous.
Rentrée à Paris, je m’examine.

Je suis contente de ma sortie, et de cette engueulade. Ca m’a libérée. J’ai toujours trouvé difficile dans ma vie d’exprimer ma colère, j’ai de la reconnaissance de cette occasion de l’avoir fait. J’écris une lettre où je confirme à Monsieur V. que je lui rendrai son tuyau, mais sur rendez-vous, où je lui redis tout le tracas qu’il m’a causé. Je lui répète ce que je lui ai dit au téléphone, que « je ne me sens pas respectée ». C’est une formule apprise d’une amie. Une chose importante à dire pour une femme. Quand il m’a menacée de casser la serrure c’était comme s’il me menaçait de viol : je ressens ma maison comme un corps. J’ai vraiment besoin de poser mes limites.
Je ne poste pas ma lettre. Je réfléchis. Et il m’apparaît que j’ai eu tort de le menacer de garder son tuyau. En fait il est vital que je le lui rende, ce tuyau, que je ne garde rien de lui (à part le travail qu’il a fait pour moi). Il faut une coupure propre entre nous deux, j’ai trop projeté sur lui, et lui peut-être sur moi.

Cette histoire de gravats enfouis en quelque sorte dans mon territoire, mon « corps », je la trouve intolérable parce qu’elle réveille de vieilles blessures. Je ne veux plus me trouver dans certaines situations, dans certains rôles. Le comportement du carreleur, qui était sans mauvaises intentions (conscientes en tout cas) a réactivé pour moi plein de choses de mon passé, par rapport aux hommes, et en particulier à l’alcoolisme. Promesses non tenues. Absences imprévisibles. « Déchets », « caca » symboliques ou émotionnels déchargés en moi, sur moi, alors que j’étais fascinée, que je n’avais ni la lucidité de voir ce qui se passait, ni le courage de refuser. Fusionnel qui fait qu’on comprend trop l’autre, qu’on l’excuse de façon malsaine : une partie de moi défend le carreleur. En le menaçant de garder son tuyau, j’ai « touché » quelque chose qu’il a besoin de défendre bec et ongles (outil très masculin, diraient les psy). Je sais bien aussi qu’il est dépressif : il ne venait pas parce que à cause de son « petit problème » il ne se levait même pas, oh oui comme je connais ces humeurs-là et ce refus-là de se lever (en moi et chez des proches). Que de fois moi-même je n’ai pas « achevé » quelque chose par découragement, par manque de clarté…
Toute activité humaine, toute vie, génère des déchets, un chantier rend cela évident. J’ai longtemps cherché l’idéal, j’ai besoin de mieux accepter tous les « cacas » du monde.

Il est important que je regarde en face, que j’intègre ce qui m’appartient. Et que je laisse à l’autre ce qui lui appartient. Je n’ai pas à me demander ce qui s’est passé dans l’enfance du carreleur pour qu’il se comporte comme il le fait, ni s’il projette de la mère sur moi, ni s’il me traite plus mal que des clients masculins parce que je suis femme. Tout ça c’est à lui, comme le tuyau d’arrosage.
Il faut que je refasse ma lettre, qu’elle soit propre. Il faut que mon masculin pose les limites. Il faut que mon féminin exprime cela avec respect, dans la douceur.

Je me demandais pourquoi la vie m’avait présenté cet être peu attrayant, à problèmes, qu’est ce carreleur. Je vois qu’elle m’avait fait un étrange cadeau : nos inconscients sont complémentaires, nous activons des choses l’un pour l’autre. Ce que lui en fera, ce que ça aura été dans sa vie, c’est son affaire. Mais moi, j’ai à tirer de cette expérience une libération par rapport à mon passé.

J’écoute Ingrid Betancourt après sa libération. Je suis très frappée par ce qu’elle dit. Il ne lui suffisait pas d’aspirer à la liberté quand elle était prisonnière. Elle a su qu’elle ne serait vraiment libre que lorsqu’elle serait libre de la haine, du ressentiment. Et elle l’est, elle donne de l’amour. Je trouve que c’est miraculeux d’entendre ça, pour une fois, à la télé. Je m’irrite des medias qui se régalent à spéculer sur sa libération, était-ce une mise en scène etc. alors que pareil message leur a été porté. J’ai l’impression qu’on cherche à « cochonner » cette femme. Elle se défend en portant un témoignage qu’on sent aussi véridique que possible. Respect en mots de l’expérience vécue. Je la remercie dans mon cœur de la leçon donnée.
Il faut donc que je recommence « Ho’oponopono » avec le carreleur. Je pourrai alors écrire ma lettre.


Nicole


PS : Multitude de PS :

J’ai écrit une belle lettre, propre. Ai découvert en retournant à Aix que le carreleur était quand même venu en mon absence enlever son tuyau d’arrosage, sans ma permission. Je lui ai téléphoné, lui disant que j’avais regretté son intrusion, que j’aurais aimé qu’on se sépare sur une note de propreté entre nous, et qu’il me rende l’embout que j’avais mis sur son tuyau. Il a dit, très gai, très amical, qu’il allait venir tout de suite me le rendre : il n’est jamais venu.

J’ai eu deux fois la visite d’un couple à qui Monsieur J., le constructeur, avait recommandé Monsieur V. Ils ont signé un contrat avec Monsieur V. (ce que je n’avais pas fait), ils ont payé 30% d’acompte. Monsieur V. a disparu après avoir déposé des sacs de sable, pas fait les travaux. Ils sont allés jusque chez lui à Salernes après des multitudes d’appels téléphoniques sans réponse. On ne savait pas où il était.

Monsieur J. a découvert par Internet que Monsieur V. était toujours en banqueroute (alors qu’il m’avait dit avoir recommencé à commercer sous un autre nom.) Il ne pouvait donc signer de contrat. Et il m’a fait payer la TVA, qu’il a empochée…
J’ai un peu l’impression d’avoir soufflé contre le vent, et que tous mes efforts pour créer une relation de personne à personne avec Monsieur V. n’a servi à rien. En tout cas, ne lui a servi à rien.

Mais.
A moi ça a servi. Je me sens toute gaie aujourd’hui par rapport à une histoire qui m’a tourmentée, et très libre.
La terre est la terre. La réalité humaine est mélangée. Il me semble qu’en moi, par la leçon que m’ont donné mes sols, Prospero a intégré Caliban. Ou (ne soyons pas trop ambitieuses) a pris le chemin de le faire.

En fin de compte, Monsieur V. a fait pour moi tout le travail que je lui demandais, et fort bien. Je suis en paix avec mes sols et mes murs.
J’ai de la gratitude, et je les aime.
Le reste ne m’appartient pas.



Invitation !
Rencontre créative…

Après le bonheur partagé de la rencontre de l’été dernier au "FIEF" de la Bégude de Mazenc (26), nous envisageons de récidiver l’été prochain !
Dans les mêmes conditions d’hébergement, (que nous vous rappellerons dans le prochain numéro, avec toutes les indications nécessaires), nous vous invitons cette fois, à partager vos talents au cours d’une rencontre créative qui aura lieu au même endroit, dans la Drôme : du vendredi 14 août 2009 à 17 heures au jeudi 20 août 2009 à 10 heures
(Sous toutes réserves car nous n’avons pas encore confirmation de le réservation - prévoir environ 300€ en pension complète pour 5 jours et par personne).
Néanmoins, commencez à prévoir cette date pour vos vacances !
Une récréation pour les grandes et les grands où il y aura du jeu, du théâtre, de l’écriture, des promenades, et tout ce que vous avez entre les mains, de quoi passer des vacances créatives inoubliables…
Mmmhhhh ! C’est bon rien que d’y penser !
L’équipe de Mésanges


VERS UNE SIMPLICITE VOLONTAIRE…

Je me savais en recherche…, depuis longtemps, d’un mode de vie différent, plus soucieux d’écologie et de solidarité, mettant mes valeurs personnelles au service d’une qualité de vie nouvelle. Mais cette aspiration ne débouchait pas spécialement sur du concret ou si peu. Je me sentais également isolée, presque marginalisée dans ma conscience aiguë d’un changement à faire naître. Le positif de tout cela a été de me retourner vers moi-même, de m’aider, pendant tout une période, à prendre mon monde intérieur comme support d’évolution.

Informée par une amie, j’ai participé en mai 2008 à la première rencontre des Créatifs Culturels au Mont Aigual dont le thème était : "C’Mai, s’aimer, semer ! ".
Là, j’ai croisé le temps d’un week-end, une foule de personnes de tous âges, de tous horizons géographiques et culturels, engagées dans une démarche parallèle à la mienne. Beaucoup de projets novateurs ont émergé de cette rencontre, grâce à une organisation participative que j’ai beaucoup admirée car elle alliait fermeté et écoute, concertation et responsabilisation.

J’ai eu la chance de faire partie d’un groupe à qui l’ensemble des présents a accordé sa confiance. Il proposait, en quelque sorte, de jeter des bases, pour favoriser l’émergence de relations nouvelles de partenariat, entre offres de biens, de services et consom’acteurs. Un peu sur le modèle des Amaps, afin de mettre un peu plus de solidarité et d’éthique dans les liens économiques entre les personnes, d’œuvrer ensemble pour "produire et vendre localement", payer un juste prix et conserver des savoirs faire de culture et d’artisanat en train de se perdre, à cause notamment de notions de rentabilité.
Je me suis sentie tout à coup co-créatrice de la vie que je souhaite mener et pour la première fois peut-être, capable de mettre en mots le monde des humains où j’aimerais vivre.

Cette rencontre m’a montré que je fais partie, avec d’autres, d’un vaste mouvement de paix et d’amour pour notre terre et ses habitants, pour notre univers. Je ne me sens plus isolée : je peux puiser, en moi-même et en des Présences qui nous accompagnent, la force de Vie.
J’ai le désir de participer, à mon niveau, à être un levier du changement, à œuvrer jour après jour concrètement dans ce sens, là où je suis. Le témoignage que je vous propose en lecture aujourd’hui est sans doute issu de tout cela.
C’est pourquoi j’ai trouvé bon d’établir des liens avec mon vécu.

Ce nom : "simplicité volontaire", vient d’un mouvement, né aux Etats-Unis et au Canada dans les années 1980, qui a touché l’Europe quelques dix années plus tard. Il me parait correspondre à ma recherche actuelle et il est susceptible de répondre à nos interrogations concernant l’avenir de nos sociétés développées.

En effet, lorsqu’on habite dans un pays relativement riche comme la France, lorsqu’on bénéficie d’un revenu fixe et que l’on a un toit sur la tête, il serait facile de se laisser gagner par la frénésie actuelle de certains qui ont lancé le slogan du « travailler plus pour gagner plus ». En fait, sans aucun parti pris politique personnel, je pense que c’est un leurre. Un observateur au regard critique, en regardant ses contemporains, en les voyant s’essouffler pour joindre les deux bouts ou assurer leur réussite sociale, pourrait écrire qu’ils « semblent perdre leur vie à vouloir la gagner » ! Des notions comme la qualité de vie, le partage du travail, l’équilibre nécessaire entre vie privée et vie professionnelle, la joie de vivre au sein de la nature me semblent souvent avoir été laissées de côté au bénéfice d’un soi disant progrès, du besoin d’accumuler des possessions matérielles et de vivre selon un modèle où la consommation est reine. Cela conduit la plupart du temps à beaucoup de stress pour arriver à tout faire, à du gaspillage aussi.
Si l’on parvient à tout pouvoir offrir à ses proches, habits de grandes marques, ordinateurs portables, home cinéma, moto, voiture ...leur a-t-on pour autant donné suffisamment de son temps, de son écoute et de son attention ?

Car à quoi sert de gagner beaucoup d’argent, si l’on en profite seul ou si l’on n’a guère le temps d’en profiter et d’en savourer le prix ? Et même si l’on s’est laissé contaminer par la fièvre de la consommation, sont-ce piscine, bateaux, maisons qui garantissent notre bonheur ?

En ce qui me concerne, touchée par la crise économique actuelle comme tout un chacun, j’essaye de trouver des solutions différentes à ma mesure: par exemple d’acheter moins mais de façon plus ciblée, de vivre en réduisant mes besoins peu à peu sans me sentir frustrée.
Avec des amis, des voisins s’est instaurée une forme de troc pour des biens durables et dont j’ai besoin occasionnellement : échelle, tronçonneuse, karcher…Je fais réparer au lieu de jeter ; je privilégie l’achat d’objets robustes, recyclables, dont on peut changer les pièces, au lieu de céder aux caprices de la mode ou aux sirènes de la publicité. Ainsi, mes économies se font sur le long terme. J’apprends à recycler mes vêtements comme mes déchets. En guise d’engrais pour mon jardin, j’utilise le compost fait sur place, je redécouvre des produits phares d’autrefois comme le soufre, le fumier de cheval, le sulfate de fer. Le marc de café comble le pied de mes rosiers, l’eau savonneuse me débarrasse des pucerons sur les lauriers roses. J’achète uniquement, grâce à l’AMAP où je prends mes paniers, des produits locaux.


Je réutilise des appareils ménagers qu’utilisaient nos mères et grand-mères : yaourtière, extracteurs, stérilisateurs. Je cherche de plus en plus des badigeons à base de pigments et de chaux pour mes peintures, car c’est non seulement plus économique, mais surtout plus écologique.

Bref, vivre avec moins de besoins en me recentrant sur l’essentiel me semble un bon chemin vers une décroissance volontaire et joyeuse. Un mode de vie plus simple en effet, plus engagé dans le bénévolat ou l’échange de services, non tributaire des modes parait certes à contre courant, mais lorsque c’est un choix de vie, il n’y a pas vraiment de manque. Ma démarche s’appuie également sur la prise de conscience que le réchauffement climatique, la raréfaction de nos ressources qui fait monter leur prix et croître les inégalités sociales dans le monde ont quelque chose à nous apprendre. Personnellement, je crois que reprendre le contrôle de nos vies, de notre consommation est une voie à explorer, à expérimenter. Un peu comme un test à essayer pour voir, pour nous sentir acteurs et non victimes de tout ce qui agite notre monde d’aujourd’hui.

J’ai bien conscience qu’après la dernière guerre mondiale, il y eut un attrait vers les villes, leurs cinémas, leurs boutiques et une explosion de notre demande de biens et de services. La révolte de la jeunesse en mai 1968 avait déjà pointé les excès de ce système. Certains sont partis élever des chèvres à la campagne, pour davantage profiter de la vie. Nous sommes face à un nouveau défi. Les déplacements deviennent si coûteux que nous sommes conduits à délaisser voitures et 4X4 au profit des transports en commun, à moins bouger, à redécouvrir les richesses de notre pays, de nos régions, de notre environnement proche.

Vivre de peu, au fond, est-ce vivre dans le dénuement ? Pas nécessairement me semble-t-il !
Je cultive mon petit jardin, je garde mes épluchures, j’économise l’eau, je marche beaucoup plus, j’achète finalement moins.

Il n’est certes pas forcément question de revenir en arrière en s’éclairant à la bougie et en se réchauffant avec des bouillotes. A ceux qui prétendraient que nos choix personnels n’ont aucun impact car nous sommes pris dans un système mondial qui nous broie, je répondrais qu’il n’est pas dans mon pouvoir de résoudre tous les problèmes de société qui se posent. Mais fermer les robinets, éteindre la lumière en quittant une pièce, ne pas multiplier les produits d’entretien, consommer des produits locaux et de saison, récupérer les eaux de pluie, gaspiller le moins possible, résister aux achats compulsifs ou mis en images par la publicité est déjà un premier pas pour mettre en œuvre un état d’esprit différent, susceptible de rayonner autour de nous. Cela me paraît être un état d’esprit plus responsable et conscient, empreint de respect pour la terre qui nous porte. En outre, qui sait si en n’achetant plus des fraises du Mexique ou des bananes de Côte d’ivoire, je permets peu à peu à ces états de revoir les bases de leur fonctionnement de marché, de planter pour la propre subsistance de leurs concitoyens, afin de mieux nourrir leur population ? Ce qu’on réussit à réaliser à une petite échelle est peut-être transposable à une plus grande échelle, que ce soit pour la gestion de l’eau potable dans le monde ou la redistribution des richesses du sous sol…

Il n’y a pas si longtemps en effet stopper la prolifération des sacs plastiques semblait improbable et pourtant grâce à un investissement des pouvoirs publics comme des supermarchés, cela a été mis en place. Désormais on est revenu au bon vieux panier d’autrefois et cela est devenu naturel, facile.

Il me semble quoi qu’il en soit qu’entre les tenants d’une autosuffisance individuelle et les libéraux, qui ne souhaitent aucune entrave à leur désir d’expansion,, des solutions individuelles et collectives nouvelles peuvent être trouvées.
Certes les habitudes de vie comme de facilité ont la vie dure et il n’est pas évident de toucher à nos modes de fonctionnement sans beaucoup expliquer pour pouvoir convaincre. Commander des pizzas à 19h le soir, cuisiner des surgelés, beaucoup y succombent après une rude journée de travail et il n’y a rien à en dire, puisque cela est…Est-ce bien diététique ?

J’ai rencontré cette année, à deux reprises, des personnes qui m’ont enseigné les salades sauvages que l’on peut trouver et ramasser dans la nature. J’ai eu l’impression d’un clin d’œil du destin, pour me montrer où faire porter mes efforts.

Enfin, je réalise aussi qu’il est plus facile pour moi à la soixantaine de renoncer à des biens et des modes, car j’arrive à l’âge du dépouillement nécessaire, que des jeunes qui démarrent dans la vie, le cœur plein de désirs. Toutefois, n’oublions pas que les jeunes qui s’incarnent aujourd’hui sont porteurs d’autres énergies que celles qui nous ont nourris. C’est sur eux que reposera demain le destin de notre Terre et je gage qu’ils ont une conscience planétaire plus développée que celle qui fut la nôtre…

Dans l’amour et le respect pour le champ d’expérience qui nous a été confié, dans l’espoir que nous n’attendrons pas des catastrophes pour changer nos modes de pensée et de consommer, j’œuvre avec joie à mon niveau pour que naisse un monde plus juste, plus conscient et plus fraternel. Et vous ? Qu’en pensez-vous ?

Stella (28/8/2008)

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Réponse à Rose Marie

S’il me restait un jour à vivre, Rose Marie,
Je m’arrêterais.
Je m’arrêterais enfin.
Point de bâton, point de chemin,
Je me préparerais, à vivre le grand arrêt.
Afin de m’accompagner, je regarderais
Venir la fin…
De mon fini à, l’Infini,
J’apprivoiserais la rencontre.
Immobile, je resterais,
Savourant l’instant d’entre-deux :
Je ferais la planche entre Terre et Ciel
Entre devant et derrière, entre vie et mort
De mon ami, Corps…
Je sentirais oh !...comme jamais,
L’âme de moi m’habiter bien mieux,
L’Ange de moi me pulser encore…
S’il me restait un jour à vivre
Je crois bien qu’enfin, ENFIN,
Je VIVRAIS…
Mais…à tout bien considérer,
N’est ce pas déjà ce que je fais, quand la Grâce
En moi peut s’imprégner…
Il me emble enfin, EXISTER !!!
Et alors, tout, oui, "TOUT", peut arriver…

Danièle

Site internet et librairie

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Catalogue Je m'édite 2T08

Voici notre dernier catalogue des Editions Je m'édite avec toutes nos parutions, les tarifs et un bon de commande.

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MiniCatalogueJMD-2T08.doc

Sur les créatifs culturels- Paru dans Mésanges 11


Paru dans Mesanges 11- Creatifs culturels.doc

Créatifs culturels

 

 

Les créatifs culturels n’attendent pas de changements par le haut : ils les mettent en pratique dans leur quotidien 

Avez-vous  entendu parler des créatifs culturels? Voilà un  livre, "L’émergence des créatifs culturels, enquête sur un changement de société ", qui m’a ravie, transportée de joie, quand je l’ai lu il y a trois ans.

            J’y ai découvert que les prémices d’un nouveau monde étaient déjà visibles actuellement dans nos sociétés occidentales, que de nouvelles valeurs, des façons de penser, des comportements, que je croyais être ceux d’une infime minorité à laquelle j’appartenais, étaient en fait largement représentés dans nos sociétés.

Une nouvelle culture émerge.

            Les auteurs, Sherry R. Anderson et Paul Ray révèlent les résultats de l’enquête sociologique qu’ils ont menée : il existe dans la société américaine des individus porteurs de valeurs nouvelles, d’un autre modèle de société. Ils les ont nommés " cultural creatives ", créatifs culturels.  Ils représentent 24 % des plus de 15 ans dans la société américaine et sont en rapide croissance, bien qu’ils n’aient pas conscience de leur nombre et se croient seuls de leur espèce.

L’enquête américaine a donné lieu à des enquêtes similaires dans plusieurs pays d’Europe. Les résultats en France ont été publiés par les éditions Yves Michel en mars 2007 sous le titre " Les créatifs culturels en France ".

            L’enquête française évoque,  elle, les créatifs culturels (17% des plus de 15 ans) avec leurs six traits caractéristiques :

- l’écologie

- les valeurs féminines

- l’être plutôt que le paraître

- l’ouverture multiculturelle

- l’implication sociale  

- l’intérêt pour les enjeux de développement personnel et les questions " spirituelles "

            Autre particularité de nos concitoyens : 17% (des plus de 15 ans) seraient des créatifs culturels répondant aux six critères, et 21 % (des plus de 15 ans) seraient des altercréatifs qui se reconnaissent dans les quatre premières caractéristiques mais pas dans  l’implication collective ni la sensibilité spirituelle. Ce qui porte à 38% le nombre de créateurs et d'innovateurs culturels en France. Ca commence à faire du monde…

 

            Avec notre association, nous participons à ce courant collectif et nous avons le sentiment d'y appartenir. Qu’en pensez-vous ?

            Et vous, vous reconnaissez-vous dans ces valeurs?    

                                                                       Irène

 

           

            Amis de Mésanges, j'en suis !

 

            Merci à Irène pour ce rappel des valeurs qui  rassemblent tous mes lecteurs.  Oui, je me reconnais sans réticences dans ce courant défini par "  créatifs culturels". J'y inclus tous ceux qui créent mon contenu.

 

            J'envisage d'ailleurs de participer à la première rencontre française qui aura lieu dans les Cévennes les 31 mai et 1er juin 2008. Vous pouvez trouver les informations de cette manifestation sur le site internet   www.Cmai.cc  et peut-être que l'on s'y retrouvera!

            Comme signe de reconnaissance, vous porterez mon dernier numéro à la main," Mésanges " sera votre signe de ralliement !

 

            Il me semble utile de rappeler que l'association Illumini Joly qui permet à votre serviteur "Mésanges" de s'exprimer, a aussi  permis aux Editions Je m'édite d'exister. Mais sa vocation au service de la créativité est bien plus large. Je vous rappelle ses buts: "mettre ses moyens matériels et logistiques au service de créations littéraires, artistiques et autres…", voilà une ouverture qui permet le "tout est possible"… non ?

 

            C'est aussi la raison pour laquelle je soutiens, ici même, le stage de Christine sur le Jin Shin Jyutsu et les Danses du monde qui aura lieu cet été… Cela me ravit  d'être messager  pour cette  invitation à vous retrouver ou à vous rencontrer…Un moment pour vous, un moment de douceur et de détente dans un contexte médiéval à la beauté méditative.

            Ne me remerciez pas, je suis partie prenante, mais n'oubliez pas ceux qui mettent leur bonne volonté au service de tout ce que je représente…, les manifestations, les éditions, ma propre édition et j'en passe…

            Je les appelle mes petites mains et elles sont précieuses et créatives…

            Alors, dites-vous que j'en suis ou pas ?

 

                                   Votre fidèle Ami, Mésanges

 

 

 

A propose de Je m'édite - Rappel !

Les Editions Je m’édite ont un fonctionnement associatif de soutien aux auteurs qui s’auto-éditent et non pas vocation de maison d’édition à proprement parler. L’association rend des services aux auteurs pour leur faciliter la tâche. Son but :« favoriser la diffusion d’idées, de témoignages d’espoir ainsi que de créations allant dans le sens de la démarche intérieure…mettre ses moyens au service des créations littéraires, artistiques ou autres… ».

Ce sont des auteurs qui ont souhaité partager leur expérience dans l’espoir de soutenir les œuvres qui sont en quête de sens et de beauté, où il est question d’éveil et de témoignage de vie positif.

Les Editions Je m’édite publient un journal interactif biannuel "Mésanges"dans lequel les lecteurs peuvent apporter leur témoignage et répondre aux articles. Ce journal est proposé en libre participation et aborde les sujets contemporains qui ont trait à la démarche individuelle et consciente de transformation de soi, de responsabilité et d’engagement personnel sur tous les niveaux de l’être. On y aborde l’écologie, l’actualité, la philosophie, la spiritualité, le développement personnel sous la forme de témoignages. On y suggère l’expression et la créativité personnelle, c’est un espace de communication ouvert à tous.

Si vous souhaitez envoyer des articles à publier pour les numéros suivants ou vous abonner à Mésanges utilisez l’espace Journal Mésanges de ce blog ou écrivez 

à : journal.mesanges@laposte.net

Visitez leur site : http://editions-jemedite.fr (en dérangement momentané - excusez nous)

Pour leur écrire : editions.jemedite@laposte.net

Votre serviteur,

Je m’édite !


Adresse de notre librairie

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http://www.editions-jemedite.fr

Nous vous prions d'excuser la fermeture momentanée de notre vitrine Internet des Editions Je m'édite pour cause de travaux. Vous pouvez néanmoins trouver toutes nos parutions sur le mini-catalogue des Editions 2T08 dans la catégorie "Catalogue Je m'édite" sur le blog. Vous pouvez télécharger et imprimer le fichier sur lequel vous trouverez un bon de commande ainsi que nos coordonnées.

Merci de votre compréhension

La meilleure façon de manger!

Publié aux Éditions Je m’édite

"La meilleure façon de manger!"… pour une écologie alimentaire de la personne. - Humour et profondeur pour aborder l'alimentation  en faisant évoluer son état d'esprit personnel, en développant l'écoute des besoins, tous les besoins… - Synthèse recomposée d'un mémoire de diététique nutrition, l'auteur suggère une hygiène alimentaire sous forme d'une écologie de la personne, d'un mode de vie écologique.

L'auteur Michèle Collas Dutilly a déjà édité et plublié plusieurs ouvrages aux Éditions Je m’édite.

Pour découvrir la présentation de ce livre et commander, ouvrez ce fichier:

MFM ecologie alimentaire.docFormat A5, 78 pages. Prix 8€

Article sur Joshua de C.Clavel

Voici une présentation de Joshua dans le numéro 11 du journal Mésanges, par une lectrice enthousiaste!

Sur parution Joshua.docVoici l'avis de M., lectrice.

 Catégorie : Roman… Correspondances.

 

Résumé: Il s'agit de la correspondance entre deux hommes d’origine juive. L’un en Pologne, l’autre aux Etats-Unis. Le plus jeune connaît une passion amoureuse dévorante qui le brûle et le consume intérieurement jusqu’à ce qu’elle le conduise à une sublimation d’ordre spirituel. Leur dialogue témoigne d’une qualité de chercheurs du sens de la vie. En toile de fond, l’ambiance du ghetto de Varsovie et sa destinée macabre…un lieu où l’absurde et l’absolu se côtoient…

 

Ecriture : magnifique, fine, délicate, présentation légère, aérée.

 

J’ai aimé : Tout. Le témoignage, la façon de le présenter, le style, la profondeur, la liberté que l’écriture laisse au lecteur, d’imaginer le reste. La force et l’émotion qui imprègnent ces dialogues. Cela se dévore, mais on éprouve le besoin de relire pour s’imprégner des sentiments, pour retrouver le chemin effectué par le personnage. La dimension spirituelle qui s’exhale de cette lecture. Cette histoire est un excellent scénario de film…

 

J’ai moins aimé : je n’ai pas moins aimé, juste une remarque quant à la présentation de l’histoire. Elle me laisse une impression de trouble, on se demande si la personne qui reçoit le testament du mourant est l’auteur du livre ou pas, on se demande vraiment si cette histoire est réelle ou pas. On a presque du mal à s’imaginer que ces lettres sont inventées…dans le fond, c’est plutôt un compliment !

 

 

Catherine CLAVEL est née sur les bords du lac d’Annecy en Août 1968. Elle travaille actuellement comme documentaliste dans une organisation humanitaire.

Passionnée par ce que permet l’activité artistique dans la découverte de soi, elle projette d’accompagner d’autres sur ce chemin, notamment à travers le travail de l’argile et celui du clown.

 

Contes de l'Ancienne Ferme - souscription

Publication Je m'édite :  "Les contes de l'Ancienne Ferme"!

Une oeuvre de groupe originale...et universelle.

Ouvrez ce fichier pour le découvrir et commandez à l'adresse suivante editions.jemedite@laposte.net !

Contes_de_l_Ancienne_Ferme.doc

Format A4, 34 pages. Dessins couleurs.

01.12.2008

JOSHUA ou le miroir brisé

Le livre de Catherine CLAVEL: "Joshua ou le miroir brisé" -  Briser le miroir du connu, du semblable, se retrouver face au vide, à cet espace que l’on a déserté et qui pourtant est nôtre. Patiemment, courageusement l’habiter jusqu’au soir de la véritable rencontre avec soi, avec l’Autre. Tel est le chemin que Joshua sera amené à emprunter à travers les affres de l’Histoire, les tumultes de la passion amoureuse, la créativité et avec le soutien d’une amitié fidèle et bienveillante.

 

Catherine CLAVEL est née sur les bords du lac d’Annecy en Août 1968. Elle travaille actuellement comme documentaliste dans une organisation humanitaire. Passionnée par ce que permet l’activité artistique dans la découverte de soi, elle projette d’accompagner d’autres sur ce chemin, notamment à travers le travail de l’argile et celui du clown.

90 pages, format 12x18 - 12 € et 2 € de port - envoyer la commande aux Editions Je m'édite

Journal Mésanges n° 11

Voici un extrait de notre dernier journal Mésanges n°11, cliquez sur le fichier pour l'ouvrir et n'hésitez pas à nous faire des retours!

ExtraitM11mai2008.doc

13.05.2008

Méditation sur le créatif culturel

 MEDITATION D'UNE FEMME QUI CREE

0 - SUR LE CREATIF ET LE CREATEUR

Etre créateur, c'est être auteur et acteur… Etre créatif, c'est quoi ? C'est un état d'esprit, un tempérament, être actif dans le "créationnel" ? Qu'est ce qui différencie l'un de l'autre ? Si je crée des mots, je commets un acte créatif et je suis créatrice du mot. Mais un mot n'a qu'une teneur abstraite que l'on ne peut s'approprier. Rapidement il est répété, son créateur oublié… Seul ce qui est reconnu peut porter le nom de création. Si on reconnaît que j'ai inventé le mot "créationnel" (ce qui n'est jamais certain), alors je ne serais plus seulement créative, mais aussi créatrice ! Dans le dictionnaire, créatif est un adjectif, donc il qualifie, il donne la qualité d'une personne  capable de création, d'invention. Mais la capacité à créer, cette qualité  ne détermine pas la volonté ni la capacité à réaliser une création. Elle représente seulement un potentiel.

I – CREATIF CULTUREL…, COMMENT SE DEFINIR DANS UN MOUVEMENT ET NON PAS COMME INDIVIDU ?

Question: le créatif culturel qu’est ce que c’est ? Le créatif culturel n'existe pas, c'est la définition d'une catégorie d'hommes et de femmes. Ils ne sont pas seulement créatifs. Leur créativité entre dans le champ d’une participation discrète et individuelle de l’environnement relationnel et social auquel ils participent. Ils enrichissent cet environnement de leur humble créativité, à travers le développement d’initiatives et d’engagements personnels constructifs et innovants, ingénieux, utiles, plein de bon sens etc. etc. Leur engagement est une ouverture dans un temps ou la réflexion collective ne trouve de recours que dans les conjectures. Le créatif culturel, lui n’attend pas les réponses de l’ensemble, il agit à son niveau, en lui et dans son environnement. Et il partage sa créativité. Le créatif culturel est un agent du présent qui ne se lamente pas sur le passé, mais agit parce qu’il espère pour demain. Il a un souffle ! C’est un être isolé et pourtant mutiple. Multiple dans sa nature parce que sa créativité n’est pas limitée, mais aussi parce qu’ils sont nombreux. Nombreux, mais isolés la plupart du temps. Pourant ils sont capables de s’associer pour être plus efficaces, pour agir plus. Pour s’associer il faut pourtant se reconnaître, et pour se reconnaître,  il faut d’abord se définir, s’identifier...  C’est un mouvement qui nait et se cherche depuis quelques années et qui se met en place à l’heure actuelle dans nos sociétés occidentales. Nous assistons et à la fois participons à cet avènement. C’est une belle chose, un nouveau matin…
Mais concrètement, comment se définir?
Se définir est une nécessité pour naître au monde et à soi-même. Un besoin aussi, de connaissance de soi : qui suis-je ? Définir est un travail de reconnaissance du monde et de l'autre. Il est nécessaire pour situer notre différence et celle de l'autre. Pour la communication entre soi et l'autre: qui est-il ? Qu'est-ce que c'est ? Créatif culturel est une définition dans laquelle je me reconnais mais avec laquelle je ne choisirais pas de me définir. Je me définirais donc dans ce mouvement, et non dans ma personne. Néanmoins, je me demande comment, s'il le souhaitait et s’il le pouvait, ce mouvement pourrait se fédérer sans se définir ? (La nature n'aurait-elle point une idée pour nous ?)

II – ETRE CREATIF EST-CE UN LUXE ?

a) Le sentiment de liberté

Créer est bien l'une des rares actions humaines génératrice du sentiment de liberté intérieure. Si au dehors tout est conditionné, défini (on y revient), dans mon acte créateur point de limite. On peut être créateur pour une quantité de raisons différentes. Pour se guérir, pour se défouler, pour reproduire, pour gagner sa vie, par plaisir bien sur. Mais il ne faut pas oublier que la création trouve sa voie dans tous les domaines et qu'elle sert plus souvent qu'on ne le croie pour s'en sortir. Par nécessité, la vie nous conduit à utiliser nos ressources créatives pour trouver des solutions à tous nos problèmes. Nous sommes créateurs de notre vie… et en  regardant les choses de cette façon, le sens et la notion de créativité deviennent évidences et notre vie un champ de création, voire de récréation où notre liberté peut s'inscrire dans les limites. Le propre de la création c'est l'innovation. La capacité à créer du nouveau, à être créatif, est peut-être ce qui différencie l'homme de sa nature.

b) La différenciation

La nature est une reproductrice à l'identique exceptionnelle. Mais sa capacité à faire évoluer ce qui est vivant de manière "adaptogène" est conditionnée par le principe de la survie des espèces. La création peut bien, elle aussi, être adaptogène, reproductrice. Au début surtout, pendant l'apprentissage. Il est bien possible que les personnes qui soient le plus en manque de repères identitaires soient les plus créatives.  Ces créateurs sont souvent les plus épanouis par leur création, plus que par la reconnaissance qu'elles leur apporte. Parce qu'à travers leur création, elles se rencontrent. La création donne à son auteur une réponse à la question :"Comment savoir si j'existe vraiment ?". La reconnaissance qui s'ensuit répond à la question:"Si j'existe, alors qui suis-je ?". A la première question, la création, parce qu'elle existe, lui renvoie: "je suis quelqu'un". Puis la reconnaissance par les autres lui renvoie :"je suis quelqu'un de bien". Le manque est à l'origine de l'acte créateur. La création est une réponse à la question existentielle de nos origines.

       c) Nourriture pour l'âme, révélation de soi

Je ne connais pas d'espace où mon imagination est aussi libre de s'exprimer, ma pensée libre de se développer et de produire des réponses, des solutions, des programmes pour le futur. Créer est un exercice de l'esprit humain qui protège du vieillissement, elle garde l'esprit alerte, les neurones frétillants, elle est nourrissante pour l'âme. Par expérience, je sais que les plus belles œuvres sont crées dans les douleurs les plus intimes, les plus profondes. Douleurs de l'âme. Créer offre une fenêtre qui libère l'âme. Elle peut alors exprimer son oppression, s'enlever, s'envoler, ensuite s'élever… L'être créatif nourrit son âme par petites touches, goutte à goutte et bien souvent il ne sait pas qu'il fait cela. Créer est un acte naturel de révélation de soi, de Soi aussi. Je connais le plaisir, la joie, l'instant d'une création. Aucun support extérieur ne peut remplacer le bénéfice pour l'âme d'avoir enfanté, une œuvre ou un enfant.

         d) Le sentiment d'unité

Nous sommes tous créatifs, et tous créateurs. Quand je prononce ce nom, j'ai le sentiment de me rapprocher de mes origines. De Dieu. Oui, je le dis. Parce que tout simplement dans la création, je me sens unie, je sens l'accord. Je m'unis à la création toute entière. Le chemin, le mien, passe par la création.

         e) L'accès aux ressources

Certains peuvent dire ou penser que de s'occuper de créativité est un luxe et que bien d'autres choses ou bien d'autres choix sont plus importants ou prioritaires. Ce serait très facile de se culpabiliser en entendant cela. Je dis non ! Je sais très bien qu'un instant de créativité peut me permettre d'avoir accès à toutes mes ressources, à toutes les solutions à mes problèmes, aux réponses à toutes mes questions.  Je sais que les plus grands génies (j'en connais quelques-uns que personne ne connaît) de l'humanité laissent dans leur vie un espace (dont ils ont parfois honte) pour leur créativité. Un espace de vide où  l'idée de la création peut prendre forme, où il peut recevoir l'inspiration, là où  l'idée du génie va surgir comme une météorite! Mais je sais aussi que de pouvoir le faire est ma plus grande richesse. Si j'avais à me préoccuper de survivre, je finirais peut-être par ne laisser la place qu'aux réflexes et oublier qui je suis. Quand on a le privilège de ne manquer de rien, le luxe est d'oublier de se servir des ressources gratuites qui sont en nous.

         f) Etre acteur du monde

Créer est un acte de liberté. La liberté est un luxe pour les opprimés. Mais nous, qui avons les moyens de cette liberté, ne serait-ce pas un crime de ne pas nous en servir au nom de tous les opprimés ? L'humanité à besoin qu'une partie d'entre elle soit créatrice pendant que l'autre partie réalise les idées de la première.

        g) La Dame et le Chevalier

La partie inspirée, qui a les idées, c'est la partie féminine de l'humanité qui est en éveil. C'est la Dame! Elle est auteur de l'idée, et acteur de l'intérieur puisque son idée peut participer à l'évolution de ses congénères. C'est comme la Papesse dans le Tarot, on l'écoute. La partie réalisatrice, celle qui met sa force et ses moyens au service de la précédente est la partie masculine de l'humanité (composée d'hommes et de femmes). Elle a reconnu la valeur des idées de la Dame, et en Chevalier, elle va les accomplir dans la forme, dans le monde. Elle sera auteur de la forme qui représente l'idée, du choix du moment, de l'endroit, de la matière et acteur aussi, parce qu'elle aura mis au service, sa force, sa bonne volonté, ses moyens au service de l'humanité. En cela on retrouve les attributs de l'Empereur du Tarot, l'arcane IV (ou Lion). L'un sans l'autre, point de salut. C'est l'alliance du Lion et de la Dame de l'arcane XI du Tarot qui s'appelle justement, la Force.

III – SE FEDERER, DEVENIR UNE FORCE, SE FAIRE ENTENDRE…

a)     Contradiction avec la nature créative

Etre créatif, c'est à la fois, être auteur et acteur. La capacité à créer stimule et développe l'imagination. Comme en sport, c'est une sorte de muscle qu'il faut entraîner, entretenir. Elle développe les ressources. Je trouve formidable que l'on puisse envisager de mettre ces ressources et ces capacités en commun pour un monde plus proche et plus respectueux de la Vie. Je sais pourtant que le créatif est avant tout un individualiste et qu'il trouve son inspiration, pour la plupart, dans cette capacité qu'il a à s'extraire de ce qui l'entoure. De quelque manière que ce soit il va, il doit se relier à ce qui est en lui, comme une femme enceinte se relie à son fœtus. Ca peut être au milieu des autres… C'est avant tout un mouvement interne qui se fait avec soi-même. Une réponse de soi à Soi ! Alors, l'idée même d'être défini dans un terme comme créatif culturel, d'être associé, identifié à … est une contradiction à la nature même du créatif qui est dans un mouvement intérieur de différenciation. Aussi la question que je me pose d'abord et pour laquelle je sollicite les ressources créatives de tous est celle-ci : comment les personnes qui se reconnaissent dans un mouvement collectif tel que celui-ci, pourraient se fédérer et mettre en commun leurs forces, leurs moyens, tout en restant fidèles à leur élan créateur, à leur différence, à leur âme ?

         b) Ma façon: confiance et liberté

J'ai confiance que, les personnes à qui cela peut s'adresser, auront la vigilance de préserver les natures créatives de sorte que les associations ne se fassent pas à ce dépends. Pour ma part, chacun est à sa place, là où il se trouve. Je souhaite conserver et définir moi-même ma propre identité. Cela ne m'empêchera pas de m'associer ou de me fédérer afin qu'un réservoir de ressources humaines soit rendu disponible "en temps actuel ou réel" et puisse devenir une force dont les valeurs unifiées soient représentées dans notre monde. C'est une force.

        c) Sur quoi pourrait s'appuyer un engagement solidaire ?

J'imagine bien comment rapidement cette force pourrait être utilisée. Voire, récupérée… La plupart d'entre nous sont encore bien naïfs, c'est parfois la contrepartie des êtres purs ou d’une quête de pureté. Il n'y a pas de honte à cela, c'est l'inconvénient de l'avantage. Point de peur à avoir. Les valeurs sur lesquelles il est possible de s’appuyer et qui sont partagées sont déjà gardiennes de nos engagements. Chacun peut définir les valeurs qui sont garantes de son lien à l'ensemble. Moi je connais les miennes. Mon engagement repose à la fois sur le respect des valeurs que je partage avec l'ensemble, mais aussi sur les miennes propres qui peuvent être différentes et que j'estime devoir être respectée. Cela je ne le saurais et ne pourrais le vérifier qu'avec le temps, dans l'expérience et seulement si je me suis engagée avec les autres. Engagement individuel et solidarité. Solidaire, c’est un mot qui me plait, oui. Deux mots qui, pour moi, ne peuvent s’appuyer que sur le respect et la confiance.

Eléonore

Article sur les créatifs culturels

Lisez l'article sur les créatifs culturels paru dans le journal Mésanges n°11 et l'invitation au Printemps des Créatifs Culturels dans les Cévennes les 31 mai et 1er juin !

Paru dans Mesanges 11- Creatifs culturels.doc

06.03.2008

Journal Mésanges n° 10

Mesanges 10.doc

Voici un extrait du numéro 10 de Mésanges paru en novembre 2007, cliquer sur le fichier pour l'ouvrir ou l'enregistrer .

Prochaine parution en mai 2008. Abonnez vous!

 

12.05.2007

Journal Mesanges n°9

Voici un extrait du numéro 9  de notre journal Mésanges

Extrait_Mesanges_9.doc

 

18.04.2007

Blog-forum auto-édition

       Pour aller plus loin dans l'ouverture que représente l'auto-édition face aux grandes affiches commerciales de l'Edition, nous avons pensé que rassembler les protagonistes, souvent isolés dans cette démarche, pourrait leur permettre d'être plus efficaces. Pour savoir ce qu'il est possible de faire ensemble...parlons en d'abord ensemble !

       Nous avons créé un blog, à ce sujet, que nous mettons à la disposition de toutes les personnes concernées.

       L'adresse:  forumauto-edition.hautetfort.com

      Pour obtenir les codes d'accès, dans l'immédiat présentez vous, avec une adresse e-mail de référence, en nous écrivant d'abord à l'adresse suivante:   editions.jemedite@laposte.net

 

Les créatifs culturels

Ce n'est pas une mode, non! Les créatifs culturels sont un courant de vie qui agit silencieusement et efficacement au coeur de notre civilisation. Nous nous reconnaissons dans ce courant, mais nous ne sommes pas les seuls. Cette rubrique à pour objet de participer davantages à nous associer à ce courant en créant des liens utiles. On écrit beaucoup sur ce sujet en ce moment, mais vous pouvez en avoir une idée plus approfondie en allant sur le site d'Yves Michel, géniteur des Editions du Souffle d'Or à l'adresse suivante: www.yvesmichel.org

08.04.2007

Notre vocation associative

Découvrez notre vocation associative et nos objectifs en cliquant sur ce fichier ou en l'imprimant. Et merci de faire circuler l'adresse...

Je_Medite_present-2.doc

03.04.2007

Adresse du journal

Envoyez vos articles à l'adresse de Mésanges, journal.mesanges@laposte.net et n'hésitez à illustrer simplement votre article en faisant les dessins vous même, c'est toujours ce qui se fait de mieux!

30.03.2007

Avis de recherche

Pour le prochain numéro de Mésanges, nous sommes à la recherche de mots d'enfants, très courts, ou de courtes anecdotes qui parlent de la magie de la vie. Merci de nous les envoyer au plus tôt! à l'adresse du journal : journal.mesanges@laposte.net

Journal Mésanges n° 8

Voici un extrait du numéro 8 de notre journal Mésanges. N'hésitez pas à nous envoyer vos témoignages de vie positifs ou à répondre aux articles. Dites-vous que les auteurs sont d'humbles anonymes qui seront encouragés pour continuer d'écrire si vous leur faites un retour sur leurs articles. Merci de soutenir leur créativité et leur générosité!

Extrait_Mesanges_8.doc

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